Episode 14 – William : Sens des réalités

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        Je porte la tasse à mes lèvres, me brûle sur la porcelaine bouillante. Mais ce n’est rien à côté de la rage qui fait s’enflammer mon sang.

        Une fois le dénie et le choc de la mort de James passé, ma colère s’est éveillée, comme un monstre mythologique. Une putain d’envie de bouffer le monde, à commencer par celle qui usurpe ma place. Ses traits se sont dessinés dans mon cerveau, de plus en plus laids au fur et à mesure que je l’imaginais.

        De Princesse elle est devenue une gargouille immonde. Je crispe mes doigts sur la anse, soutenu par Mickaël qui crache son venin autant que moi.

— Elle pense qu’on est dans « Barbie dirige une multinationale » ? se marre-t-il avec un rictus.

        Je ris jaune, c’est exactement ce que je vois.

— C’est ça, on va repeindre le bureau en rose, lui trouver un chien avec un gros ruban et couvrir de paillettes les dossiers. Cette nana n’a aucune idée des réalités d’une boite pareille.

        Elle ne peut pas débarquer et tout foutre en l’air, ni prétendre avoir la carrure d’un boss digne de ce nom. Il faut de la poigne, des nerfs d’acier. Il n’y a que dans les films à la con que la blonde candide arrive à prendre le pouvoir.

        Un mannequin à la tête d’un groupe aussi énorme et côté en bourse, je me demande à quoi pensait James quand il a eu l’idée de la nommer héritière de son empire. J’ai bizarrement une pensée pour la Rome Antique et ses empereurs à peine sortis de l’enfance qui ont plongé la civilisation dans le chaos et sa propre perte.

        C’est pareil avec elle. Une journée comme P.-D.G. et on aura sur les bras des centaines de licenciements. Je vide la tasse, la caféine entretien mon excitation nerveuse.

— Faut que tu gardes ta place, mec. Sinon, ça va être…

        Mickaël n’a pas le temps de finir que la lourde porte s’ouvre. Je m’attends à voir la secrétaire entrer avec une pile de documents, mais c’est Audrey qui apparait, tout sourire.

        Elle n’a pas dû entendre, sinon elle tirerait la gueule. En plus d’être niaise, elle est sourde. Trop de qualités en une personne.

— vous avez pris tes quartiers ? Vous compte me faire une petite place ? plaisante-t-elle en plantant ses ongles à la manucure abimée dans le cuir du fauteuil.

        J’éclate de rire, lui faire une place ? La blague.

— Bonjour Mademoiselle, minaude Mickaël en se levant d’un bond.

        Mais quel faux-cul… Il ira loin ce type. Je les regardé échanger une poignée de main, l’héritière ne cesse de me fixer. Est-ce qu’elle croit que parce que je l’ai baisée je vais lui céder ? L’assurance dans ses prunelles réveille mon inquiétude et mon côté challenger.

        Non, elle est trop bête pour envisager sérieusement de prendre une place importante. Elle va tout me refiler, me déléguer le bébé et se limer les ongles pendant que je ferais des analyses de marché pour agrandir toujours plus l’empire.

        Elle se pose à la place de Mickael dans une robe agrémentée de tulle. J’ai vu une gamine de quatre ans porter la même en venant au taf ce matin.  Je ricane, elle arque un sourcil parfait.

— Rien, je pensais à un livre drôle que j’ai lu, je prétends pour endormir ma proie.

        Je vais faire le gentil, le compréhensif et lui prendre sans qu’elle s’en rende compte son pouvoir.

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